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TasP

Le concept de TasP, de l’avis Suisse à l’étude Partner

Le concept de TasP défini en trois dates : En janvier 2008, les médecins suisses publient dans leur bulletin un avis sur le risque "quasi nul" de transmission du VIH par les personnes séropositives dont le traitement antirétroviral marche. En 2011, la célèbre revue scientifique "Science" cite l’essai HPTN 052 avancée scientifique de l’année. En mars 2014, les résultats de l’étude PARTNER révèlent une transmission nulle dans les couples sérodifférents étudiés.
D’accord, mais le TasP c’est quoi ?

TasP, c’est avant tout un acronyme en anglais qui signifie Treatment as Prevention, autrement dit en français : le traitement comme prévention.

C’est principalement un concept de santé publique qui désigne l’intérêt préventif du traitement antirétroviral des personnes séropositives comme mesure préventive de la transmission du VIH aux personnes séronégatives.

Les trois événements cités en introduction permettent de se faire une très bonne idée du concept et des principaux résultats de recherche qui sont liés à ce concept.

« Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle » est le titre de l’article publié dans le « Bulletin des médecins suisses | Schweizerische Ärztezeitung | Bollettino dei medici svizzeri | 2008 ;89 : 5 » de janvier 2008 par Pietro Vernazza, Bernard Hirschel, Enos Bernasconi et Markus Flepp comme un avis de la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFS) et de la Commission d’experts clinique et thérapie VIH et sida de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Bien que l’organisation de la santé en Suisse ait été remaniée en 2012, ce texte est toujours disponible en ligne.

L’essai HPTN052 a été décrit et commenté dans nos colonnes : « Prévention de la transmission du VIH-1 par un traitement précoce : résultats de l’essai HPTN 052 » et comme il en est fait mention dans l’introduction, ce résultat de recherche a été cité comme découverte de l’année par la célèbre revue scientifique américaine Science en 2011.

Les premiers résultats de l’étude PARTNER, présentés à la CROI 2014 ont été décrits et commentés dans nos colonnes : « Etude PARTNER : A charge virale indétectable, pas de transmission du VIH dans les couples sérodifférents »

Juillet 2015, le Pr. Myron Cohen a annoncé à la conférence de l’IAS à Vancouver que "quatre ans après les premiers résultats de l’étude qui avait montré que le traitement précoce réduisait de 96% les risques de transmission du VIH, les données finales du suivi de l’étude HPTN 052 sur le traitement en prévention n’ont indiqué aucune transmission à leurs partenaires des personnes dont la charge virale est entièrement contrôlée".


Les autres articles publiés sur TasP :

Charge virale indédectable et avis suisse : le mythe de l’infectiosité nulle

Une équipe australienne s’est livrée à une modélisation afin de calculer le risque cumulé de transmission du VIH sur une longue période au sein de couples sérodifférents en cas d’abandon du préservatif, le partenaire séropositif présentant une charge virale indétectable. Les résultats sont loin de corroborer l’optimisme de l’avis suisse. Sur 10 000 couples, au bout de 10 ans, les chiffres sont : 215 séroconversions de femme à homme, 425 séroconversions d’homme à femme et 3524 d’homme à homme.

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Y a t-il une relation mathématique entre la charge virale d’un groupe et le nombre de nouvelles contaminations dans ce groupe ? Et, par exemple, abaisser la charge virale à l’échelle d’une population implique t-il une baisse du nombre de nouvelles contaminations ?
Les mesures de charge virale communautaire, qui pourraient y répondre, se montrent sur certains aspects très insuffisantes.

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