DERNIÈRES DÉPÊCHES /

Transmissionle 8.11.2018

Etude PARTNERS 2, Suite et fin

La première phase de l’étude suivait des couples hétérosexuels et homosexuels tandis que la seconde phase ( 2014/2018) se concentre uniquement sur des couples sérodifférents homosexuels ayant des relations exclusivement non protégées ; c’est à dire sans recours aux préservatifs, à la PreP ou à des TPE ; et dont le partenaire séropositif est en charge virale indétectable (en dessous de 200 copies/mL de sang).

Les personnes recrutées sur cette partie de l’étude avaient un âge médian de 43 ans et pour la majorité d’entre eux avaient déjà des relations non protégées depuis plus d’un an. Les personnes séropositives étaient en moyenne sous traitement depuis 4 ans avec une bonne adhérence au traitement.

Le résultat est donc édifiant puisque sur les 77,000 fois où les couples ont eu des rapports sexuels aucune contamination n’a été constaté. Édifiant aussi car on sait que les rapports anaux insertif (avec ou sans éjaculation) sont bien plus à risque que les rapports vaginaux.

On peut donc conclure avec certitude qu’une personne séropositive sous traitement avec une charge virale indétectable ne transmet pas le VIH et cela quelque soit sa sexualité.

L’étude va se poursuivre encore pendant les 4 prochaines années pour avoir une étude similaire que celle qui avait été menée sur la population hétérosexuelle.

Comme le disait très justement Alison Rodger en introduction de sa présentation à l’IAS 2018 : « Le risque est de zéro, le temps des excuses est terminé ».

Préventionle 11.07.2018

La PrEP en France, analyse par l’IGAS

En mars 2017, la Ministre de la Santé a commandé à l’Inspection Générale des Affaires Sociales un rapport sur la PrEP. Ce rapport vient d’être rendu public par l’institution ce 9 juillet 2018.

Ce rapport conduit par les Dr G.Duhamel et Dr A.Morelle (IGAS) dont l’objet précis est l’analyse de la procédure de "recommandation Temporaire d’Utilisation" (ATU) dont a fait l’objet la PrEP en France. Il décrit de manière très documentée l’ensemble de l’histoire scientifique, médicale, épidémiologique et sanitaire de la PrEP dans le monde et en France afin d’étayer l’analyse de la procédure de RTU du médicament Truvada pour son utilisation en PrEP en France.

Dans le communiqué de présentation de ce rapport, l’IGAS précise que ce rapport montre une utilisation conforme de la procédure mais déplore une instruction anormalement lente dont le retard pourrait avoir causé pas moins de 350 contaminations. L’institution note cependant que grâce à la procédure, la France a offert la PrEP 7,5 mois avant les autres pays européens, c’est à dire avant l’autorisation de mise sur le marché européenne, évitant par là même des contaminations.

Le paragraphe de conclusion du communiqué de l’IGAS mérite d’être cité tel quel au moins en ce qu’il attise la curiosité du lecteur :

En dépit du caractère très documenté et circonstancié de ce rapport, le ton virulent parfois employé par ses auteurs, ainsi que certains propos excessifs, sont regrettables. L’IGAS en tant qu’institution reste cependant fortement attachée à la transparence de ses travaux ainsi qu’à l’indépendance de ses inspecteurs, gage de l’objectivité et de l’impartialité nécessaires à la conduite des missions d’inspection.

Ceci ne doit pas affecter la prise en considération des analyses et conclusions du rapport concernant la politique de prévention des transmissions du VIH, l’éventuel élargissement de la PrEP à d’autres populations et le devenir de la procédure de RTU.

La lecture de ce rapport est très instructive et à bien des égards riche d’enseignements sur le fonctionnement de nos institutions. Nous ne pouvons cependant nous empêcher de souligner que certaines conclusions du rapport nous semblent acquises au prix de l’occultation de certains faits dont l’absence facilite la thèse soutenue des rapporteurs ou tout au moins évitent bien des interrogations.

Une partie de ces faits sont présents dans notre dossier PrEP (à trouver ici ) comme le calendrier des essais PrEP qui montre que, contrairement à ce qui est dit dans le rapport, il a existé des essais humains de PrEP entre 2002 et 2007. Par ailleurs les rapporteurs s’étonnent du temps écoulé entre les résultats d’expérience menées sur les macaques en 1995 et la mise à disposition du ténofovir pour les séropositifs en 2002, sans préciser explicitement que le produit n’existait que sous forme injectable en 1995 et que sa formulation orale n’a permis une application clinique que bien plus tard (paragraphe 92 : « GILEAD chemist, Norbert BISCHOFBERGER, which is working on developing an oral form of PMPA, hopes to begin human trials next year »). L’AMM du ténofovir aux Etats Unis date de 2002.

Enfin, le rôle joué par les activistes tant aux Etats Unis et en Europe que dans le monde se trouve réduit à des citations opportunes alors qu’ils ont été les instigateurs de toute la recherche sur la PrEP au moins depuis le début des années 2000 ainsi que de l’établissement des règles éthiques sur la recherche en prévention (conférence IAS 2005 à Rio de Janeiro). Il omet de préciser que la consultation communautaire sur la PrEP dans la communauté gay, organisée en France avant le démarrage de l’essai IPERGAY, ne résulte que de la seule initiative du groupe TRT-5 et a grandement contribué à susciter l’intérêt pour cette prophylaxie dans notre pays même si elle a aussi soulevé des débats dans la communauté. C’est peut-être ce qui a permis qu’en France l’implémentation de la PrEP se fasse plus facilement qu’aux Etats Unis où, précisément le démarrage a été très lent en raison des débats et des controverses soulevées dans la communauté après l’AMM de 2012.

Il n’empêche que la contribution de ce rapport établit clairement un fait clair exposé par les rédacteurs dans ce paragraphe du résumé du rapport :

Même si, encore aujourd’hui, trop souvent l’unité conceptuelle et pratique qui existe entre traitement curatif de l’infection par le VIH (TasP), traitement préventif après un contact contaminant (PEP) et traitement préventif avant un contact contaminant (PrEP), n’est pas comprise ou est ignorée, cette unité est fondamentale à saisir.

Et c’est finalement le point essentiel que nous en retiendrons parce que c’est cette unité conceptuelle qui nous a guidé dans l’élaboration de nos dossiers. Après, il appartient aux historiens et aux sociologues de nous livrer une version mieux étayée de l’histoire de la PrEP.

Le communiqué de l’IGAS est ici : http://www.igas.gouv.fr/spip.php?ar…

et le rapport est ici : http://www.igas.gouv.fr/IMG/pdf/201…

Préventionle 29.06.2018

Préservatifs bientôt remboursés ?

Selon un Avis mis en ligne lundi 25 juin 2018 sur le site de la Haute autorité de santé (HAS), la Commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts) a estimé que les préservatifs masculin lubrifiés Eden présentés à l’évaluation par le laboratoire Majorelle présentait un service attendu (SA) suffisant pour leur inscription sur la liste des Produits et Prestations prévue à l’article L.165-1 du code de la sécurité sociale.

Cette décision ouvre la voie au remboursement de ces préservatifs par l’assurance maladie.

C’est la première fois que l’instance d’évaluation est saisie d’un dossier sur un préservatif et c’est actuellement le seul en cours.

En effet, le laboratoire Majorelle a déposé un dossier pour les produits EDEN (taille standard) et EDEN XL dont elle n’a fourni aucune étude spécifique pour ce dispositif médical . En revanche le dossier comporte huit articles évaluant l’efficacité du préservatif masculin en général en prévention de différentes IST dont la synthèse figure dans le tableau ci-dessous. Ces produits sont conformes à la norme NF EN ISO 4074 et disposent d’un marquage CE obtenu par TÜV SÜD Product Service GmbH (Allemagne)

Efficacité du préservatif
ISTTaux d’efficacité
VIH 70% à 80%
Hépatite B 66%
Syphilis 30%
Papillomavirus humain (HPV) 70%
Herpès génital 30%
Infections à Clamidia trachomatis 59%
Gonococcies 59%
Trichomonas 59%

Sur ce dossier, la commission a jugé le service médical suffisant, en raison de :

  • l’intérêt en termes de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), compte tenu de l’efficacité des préservatifs, utilisés de manière correcte et systématique, dans le cadre d’une stratégie globale de prévention.
  • l’intérêt de santé publique attendu, compte tenu de la fréquence et du caractère de gravité des pathologies.

Les indications retenues sont celles revendiquées par le demandeur, à savoir, dans la population générale âgée de plus de 15 ans, prévention des huit infections sexuellement transmissibles suivantes : Virus de l’immunodéficience humaine (VIH), Virus de l’Herpes simplex (HSV-2), Papillomavirus (HPV), Hépatite B, Syphilis, Chlamydia, Gonorrhée et Trichomonas.

La Commission note que les exigences et méthodes d’essai concernant les préservatifs masculins sont décrites par la norme NF EN ISO 4074, ce qui permet d’envisager la création d’une description générique pour cette catégorie de dispositifs médicaux. Elle considère en effet que des données cliniques spécifiques à chaque type de préservatif masculin ne sont pas nécessaires.

Pour ce qui concerne la population cible, la commission précise : "La population cible ne peut être estimée, les données disponibles ne permettant pas d’estimer le nombre de personnes utilisant des préservatifs spécifiquement pour la prévention des IST. De l’ordre de 2 millions de couples hétérosexuels et homosexuels seraient des utilisateurs déclarés de préservatifs, en tant que moyen de contraception et/ou comme moyen de prévention des IST"

La commission précise enfin : "Il serait souhaitable que des données permettant de mesurer l’impact sur la santé publique de la prise en charge par l’Assurance maladie des préservatifs soient disponibles lors du renouvellement d’inscription".

La publication de la HAS : https://www.has-sante.fr/portail/jc…

Épidémiologiele 4.11.2017

Enquète EMIS 2017

Enfin ! EMIS = European MSM internet Survey

Après l’enquête 2011 sur la sexualité des gays en Europe, l’équipe d’EMIS a enfin décidé de remettre ça !

Participez sans hésiter à cette enquête !

Le lien pour participer à l’enquête : ENQUÊTE EMIS 2017

Retrouvez EMIS 2011 sur reactup dans les articles suivants :

Enquête EMIS et dépistage des IST en Europe

Enquète EMIS : Homophobie, estime de soi, prévention et dépistage : quels rapports ?

la stigmatisation structurelle, la dissimulation de l’orientation sexuelle et le VIH dans 38 pays de l’enquête EMIS

…et dans les dépèches suivantes :

EMIS, une enquète sur la sexualité des gays en Europe

FEMP, la prévention à l’échelle européenne

EMIS : les résultats enfin publiés !

IST et hépatitesle 10.07.2017

Gonorrhée, menace sanitaire émergente dans le monde

La gonorrhée ou blennorragie (ou plus familièrement chaude-pisse ou chtouille) est une infection sexuellement transmissible due à une bactérie, Neisseria gonorrhoeae, autrement dit, le gonocoque. Elle vient d’être classée ce 7 juillet 2017 par l’Organisation Mondiale de la Santé comme « menace sanitaire émergente » en raison de l’ émergence de souches hautement résistantes aux antibiotiques.
En effet, selon les données collectées par l’OMS en provenance de 77 pays, principalement des pays développés, montrent que le traitement antibiotique de la gonorrhée est de plus en plus difficile en raison des résistances farouches que la bactérie sait développer avec beaucoup de rapidité. On a isolé des souches dans certains pays à revenu élevé qu’aucun antibiotique ne peut traiter. Ce qui représente selon le Dr Wi que « la partie émergée de l’iceberg car les systèmes permettant de diagnostiquer et de notifier les infections incurables font défaut dans les pays à faible revenu où la gonorrhée est en réalité plus courante ».
Selon l’organisation, « la baisse de l’utilisation des préservatifs, l’urbanisation et les voyages accrus, les faibles taux de dépistage de l’infection ainsi que le traitement inadapté ou l’échec thérapeutique contribuent à cette augmentation des cas ».
Ce ne sont pas moins de 50 pays qui ont notifié à l’organisation mondiale des cas de résistance aux traitements de référence, des caphalosposrines à spectre étendu, la céfixime par voie orale ou la ceftriaxone injectable. Bien que nécessaire le développement de nouveaux antibiotiques est rare et lent.
En France, le réseau de surveillance des IST bactériennes observe une augmentation régulière de ces infections depuis les années 2000. Entre 2013 et 2015, les cas d’infections à gonocoque et des LGV ont augmenté de 50% Elles concernent à 68% pour les gonococcies et à 98% pour les LGV des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes.
Le dépistage des infections à gonocoque se fait par l’analyse de prélèvements réalisés à tous les sites possibles d’infection, organes génitaux, anus et gorge. La mise en culture des prélèvements donne un résultat en une semaine. La PCR qui donne un résultat dans les heures qui suivent le prélèvement existe aussi mais n’est toujours pas remboursée par la sécurité sociale.

Communiqué de l’OMS : http://www.who.int/mediacentre/news…

Préventionle 28.02.2017

La PrEP mise sur le marché

L’autorisation de mise sur le marché de Truvada en PrEP est effective à partir du 1er mars 2017. Ce qui change et ce qui ne change pas…


IST et hépatitesle 7.02.2017

Alerte à l’hépatite A

L’Agence régionale de Santé a lancé une alerte concernant les signes d’une épidémie d’hépatite A touchant particulièrement un public gay. Mais l’approvisionnement en vaccins est actuellement difficile


Préventionle 31.01.2017

La PrEP au Royaume Uni : des effets constatés sur le terrain

Le principal centre de santé sexuelle de Londres, sis au 56 Dean Street à Soho, a enregistré en 2016 une baisse sans précédent de 40% des nouveaux diagnostics d’infection à VIH.


IST et hépatitesle 31.12.2016

La vaccination contre le méningocoque

Qui ça concerne ? Où la faire ? Combien ça coûte ?


Épidémiologiele 31.12.2016

Enquète sur le TPE

Le traitement post exposition, vous connaissez ? Répondez au sondage d’Act Up-Paris à ce sujet et vérifiez vos connaissances


IST et hépatitesle 21.12.2016

Méningocoque : l’état actuel de la recommandation

Pour compléter notre article sur le Méningocoque (Méningocoque C : pourquoi les gays ont intérêt à être vaccinés)voici les recommandations de vaccination du Haut Conseil de la Santé Publique


Préventionle 24.08.2016

PrEP en Europe, feu vert !

Suivant l’avis rendu par l’agence de médecine européenne le mois dernier, la commission européenne vient d’autoriser la mise sur le marché européen de Truvada pour l’usage en PrEP le 19 août


Préventionle 14.06.2016

La PrEP dans les CeGIDD

Du jargon ? Juste une annonce de la Ministre de la Santé du 10 juin 2016 qui étend la possibilité d’offrir le traitement prophylactique anti VIH dans les centres gratuits de dépistage et de diagnostic


Épidémiologiele 14.10.2015

PREVAGAY édition 2015

L’Institut de Veille Sanitaire renouvelle l’enquète PREVAGAY cette année en plus grande ampleur. L’objectif est de mieux connaître la prévalence du VIH dans la communauté gay et ses déterminants.


Épidémiologiele 6.10.2015

Nouvelles recommandations de l’OMS

Le 30 septembre dernier l’Organisation Mondiale de la Santé a publié ses nouvelles recommandation sur le traitement de l’infection à VIH ainsi que sur l’accès à la prophylaxie pré-exposition (PrEP)


[les autres dépêches]

e-media
[ image ]
L’offre en centre de dépistage (CeGIDD) est saturée, l’épidémie perdure

Plutôt que de répéter dans le vide que les Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) sont saturés et ne répondent pas à la demande des personnes voulant se faire dépister,


espace perso

enquête

Tu aimes ce site ?