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Analyse d’un « risque caché » de transmission du VIH

Modalités de l’étude

  • L’équipe a prélevé 114 sujets participant dans la cohorte CCTG 592 : le California Collaborative Treatment Group regroupe 180 HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes) tous séropositifs au VIH et ayant une sexualité à haut risque de contamination aux IST.
  • L’âge moyen des 114 sujets sélectionnés est de 44 ans.
  • Tous sont sous traitement antirétroviral depuis, en moyenne, deux ans et demie.
  • Tous ont une charge virale au VIH inférieure à 500 copies/ml de sang dans les trois mois précédant l’étude. 88% d’entre eux ont une charge virale inférieure à 50 copies/ml de sang, charge considérée comme indétectable.
  • 87% d’entre eux observent rigoureusement leur traitement, puisqu’ils déclarent avoir pris 90% des doses prescrites dans le mois précédant l’étude.
  • Chaque sujet a été testé pour les IST suivantes : gonorrhée, chlamydia, trichonomase, mycoplasma, syphilis.
  • 35% d’entre rapportent une consommation excessive de substances psychotropes : marijuana, cocaïne, amphétamines, « club drugs » (MDMA, ecstasy, GHB), opiacés. 13,6 d’entre eux rapportent une consommation de méthamphétamine (crystal meth).

Bilan biologique concernant les IST, le cytomégalovirus le virus de l’herpès

  • Chez 10% des sujets on a pu détecter une présence du VIH dans le sperme avec réplication : 35% pour les sujets avec une charge virale faible (entre 50 et 500 copies/ml de sang) et 6% pour les sujets avec une charge virale indétectable dans le sang (en dessous de 50 copies/ml de sang).
  • Chez 63% des sujets on a pu détecter la présence d’au moins une souche d’herpès dans le sperme.
  • Chez 49% des participants on a pu détecter la présence du cytomégalovirus dans le sperme.
  • Chez 15% des individus on a pu détecter la présence asymptomatique d’au moins une IST : syphilis, IST affectant l’urètre, le rectum ou la gorge.

Liens entre les IST et la présence du VIH dans le sperme

  • La forte présence d’un cytomégalovirus semble influencer de façon notable la réplication du VIH dans le sperme : 64% des sujets qui ont une charge virale détectable dans le sperme avec réplication sont aussi porteurs d’un cythomégalovirus.
  • Même chose pour l’herpes : 73% des sujets présentant une charge virale au VIH dans le sperme avec réplication du virus sont aussi porteurs d’une souche d’herpès.
  • Etonnamment, la présence d’autres IST ne semble pas augmenter de façon notable la présence du VIH dans le sperme.
    Aucun lien n’a pu être établi entre la réplication du VIH dans le sperme et la souche de virus, le type de traitement antirétroviral, la durée du traitement ou encore l’observance du traitement.
    L’équipe en conclue donc que la présence d’un cytomégalovirus ou d’une souche de l’herpès semble augmenter de façon notable les risques de présence et de réplication du VIH dans le sperme chez des patients sous traitements antirétroviraux efficaces et ce que la charge virale dans le sang soit indétectable ou faible. Qui dit présence et réplication du VIH dans le sperme dit contamination possible.
Vos contributions

Depuis l’avis suisse en 2007 (souvent appelé avis Hirschel), il semble de plus en plus répandu dans la communauté gay qu’à charge virale indétectable, un séropositif n’est plus contaminant : les risques sont diminués mais pas annulés et comme en témoigne cette étude toute tentative de maîtriser les différents paramètres biologiques du risque très faible semble assez vaine. En effet, même chez un sujet avec une charge virale indétectable dans le sang et dans le sperme, la présence d’un cytomégalovirus (le plus souvent asymptomatique et donc difficile à détecter) ou d’un herpès (même asymptomatique) soumet la charge virale à des fluctuations certaines dans le sperme puisqu’elle semble en activer la réplication. Qui dit réplication et donc activité du VIH dans le sperme dit risque de contamination accru.

Il convient donc à nouveau de souligner les limites de l’avis suisse de 2007 qui, parce qu’il était rassurant et à certains égards à juste titre (plus la charge virale est faible et moins les risques de transmission sont élevés), il semble avoir eu un impact démesuré dans la communauté gay et sur les usages prophylactiques : tout d’abord, il concernait les rapports vaginaux, or les rapports annaux sont 8 fois plus contaminants. Ensuite il précisait bien en l’absence de toute IST, or comme le confirme la présente étude, peu de gays ayant une activité sexuelle multipartenariale et étant porteurs du VIH sont à l’abri d’être porteurs d’autres IST.

Vos commentaires

Par Directphoto , le 4.11.2013

Il y a un discussion en cours de cette sujet sur Facebook par le San Francisco AIDS Foundation. https://www.facebook.com/SFAIDSFoun…

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