C’est désormais officiel : la PrEP injectable à base de cabotégravir est commercialisée en France. Deux arrêtés publiés au Journal officiel du 26 février 2026 actent l’inscription et la prise en charge d’APRETUDE® (cabotégravir) sur la liste des spécialités remboursables aux assurés sociaux.
Après des mois d’attente depuis l’autorisation européenne et les avis favorables de la Commission de la transparence, cette publication marque l’entrée effective de la PrEP injectable dans l’arsenal de prévention du VIH en France.
Une prise en charge à 100 %
L’arrêté du 18 février 2026 inscrit APRETUDE® sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux, avec suppression de la participation de l’assuré au titre des médicaments « irremplaçables et particulièrement coûteux ».
L’arrêté du 24 février 2026 précise les conditions de prise en charge par l’Assurance maladie. L’indication retenue est claire : « En prophylaxie pré-exposition (PrEP) pour réduire le risque d’infection par le VIH-1 par voie sexuelle chez les adultes et les adolescents à haut risque de contamination et pesant au moins 35 kg. »
Sont concernées :
- APRETUDE® 30 mg, comprimé pelliculé (phase d’initiation orale)
- APRETUDE® 600 mg, suspension injectable à libération prolongée (injection intramusculaire tous les deux mois)
Une nouvelle étape pour la diversification de la PrEP
Comme nous l’avions détaillé dans nos précédentes publications sur reactup.fr, cette PrEP injectable repose sur le cabotégravir à action prolongée, administré tous les deux mois après une phase d’initiation.
Les essais HPTN 083 et 084 avaient montré une efficacité supérieure au schéma oral quotidien à base de ténofovir/emtricitabine, notamment chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, les femmes cisgenres et les personnes exposées au VIH.
L’arrivée d’APRETUDE® en France ouvre donc :
- une alternative pour les personnes ayant des difficultés d’observance quotidienne ;
- une option pour celles et ceux pour qui la discrétion est un enjeu majeur ;
- une diversification stratégique des outils de prévention, dans un contexte de stagnation des nouvelles découvertes de VIH.
Des enjeux organisationnels majeurs
Cette mise à disposition concrète pose désormais plusieurs questions, déjà soulevées dans nos articles précédents :
- Capacité des CeGIDD, services hospitaliers et centres de santé à absorber une nouvelle file active nécessitant des injections bimestrielles ;
- Formation des professionnel·les à l’administration intramusculaire profonde ;
- Organisation du suivi biologique et de la gestion des rendez-vous ;
- Accessibilité territoriale, notamment hors des grandes métropoles.
La PrEP injectable n’est pas simplement un nouveau médicament : elle transforme l’organisation des parcours de prévention.
Un tournant politique autant que médical
La publication au Journal officiel acte une décision politique forte : intégrer pleinement la PrEP injectable dans la stratégie nationale de lutte contre le VIH, avec une prise en charge à 100 %.
Reste désormais à surveiller :
- les conditions réelles de déploiement
- l’équité d’accès
- les éventuels freins administratifs ou médicaux
- et la place que prendra effectivement cette nouvelle modalité dans les pratiques
Reactup.fr continuera de documenter la mise en œuvre concrète de cette nouvelle étape de la prévention du VIH.
La PrEP injectable n’est plus une perspective : elle est désormais une réalité réglementaire et clinique en France.
Pour consulter les arrêtés
>> Arrêté du 18 février 2026 modifiant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux
>> Arrêté du 24 février 2026 relatif aux conditions de prise en charge de spécialités pharmaceutiques disposant d’une autorisation de mise sur le marché inscrites sur la liste visée à l’article L. 5126-6 du code de la santé publique