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Surveillance de l’infection à VIH en France

En effet, chez les hommes contaminés par rapports homosexuels, la proportion de jeunes de moins de 25 ans a augmenté entre 2003 et 2009 de 8% à 11% (d’environ 140 à 280 cas), tandis que celle des plus de 50 ans est stable autour de 12%. Le nombre de découvertes de séropositivité de ces hommes, qui s’était stabilisé autour de 2300 en 2007 et 2008, augmente à nouveau significativement en 2009 pour atteindre 2500.

Tandis que 38% des homosexuels diagnostiqués en 2009 ont été contaminés par un partenaire occasionnel, 26% l’ont été par un partenaire anonyme et 20% par un partenaire stable. 16% des cas ne sont pas renseignés. Dans un tiers des cas, la séropositivité du partenaire stable était connue de la personne diagnostiquée au moment de la contamination.

Sur l’ensemble des personnes dépistées positives en 2009, la survenue de signes cliniques liés au VIH est la raison du recours au dépistage la plus fréquente (35%), qu’il soient liés à une primo-infection ou à un stade tardif de l’infection. Les autres motifs les plus courants sont une exposition récente au VIH (24%) et un bilan systématique (20%). Cependant, les homosexuels sont plus souvent dépistés suite à une exposition récente au VIH (35%) que lors d’un bilan (9%).

Les personnes contaminées par rapports homosexuels sont plus souvent diagnostiquées au moment de la primo-infection (18%) que les autres. Ceux qui découvrent leur sérologie positive au stade sida sont 11%, autant que les femmes souvent dépistées à l’occasion d’un bilan notamment prénatal mais moitié moins que les hommes hétérosexuels.

La proportion d’infections récentes parmi les découvertes de séropositivité VIH-1 est de 30% en 2009. Elle est beaucoup plus élevée chez les homosexuels (46%). Elle diffère selon les régions mais reste stable entre 2003 et 2009 quel que soit le mode de contamination.

Concernant les nouveaux diagnostics de sida, dont le nombre diminue depuis plusieurs années (environ 1400 en 2009), les homosexuels représentent également le seul groupe pour lequel le nombre de cas a tendance à augmenter en 2009.

Discussion

Dans la discussion, les auteurs cherchent à savoir comment interpréter cette augmentation des découvertes de séropositivité chez les homosexuels. Elle peut s’expliquer soit comme une augmentation de l’incidence du VIH en 2009 si le recours au dépistage est resté stable, soit comme une augmentation du recours au dépistage.

Mais ils observent : le fait que l’incidence (nombre de nouveaux cas par an calculé à partir de l’ensemble des données disponibles) chez les homosexuels soit plus élevée que le nombre de découvertes de séropositivité (nombre de cas déclarés par la DO-VIH) depuis 2003 (3000 à 3300 contaminations annuelles et 2000 à 2400 découvertes de séropositivité) suffit à expliquer l’augmentation globale des découvertes de séropositivité depuis 2003 dans cette population. Ils précisent qu’en effet, la différence entre le nombre de contaminations et le nombre de découvertes entraîne nécessairement une augmentation du nombre d’homosexuels séropositifs ignorant leur séropositivité. Ainsi, un recours même stable des homosexuels au dépistage est donc de plus en plus susceptible de détecter une infection au VIH.

Cette interprétation leur semble la plus vraisemblable en ce qu’elle est confortée par l’augmentation du nombre d’homosexuels découvrant leur séropositivité à un stade asymptomatique (1000 en 2003 à 1550 en 2009) alors que les découvertes en primo-infection ou en infection récente n’augmentent plus depuis 2005.

Enfin, les auteurs considèrent comme l’aspect le plus inquiétant, le doublement en six ans du nombre de découverte de séropositivité chez les jeunes homosexuels de moins de 25 ans.

par La rédaction, le 30.11.2010

Surveillance de l’infection à VIH en France

Tags : Dépistage , Transmission

L’institut de veille sanitaire publie ce premier décembre 2010, comme tous les ans, les résultats de la déclaration obligatoire de séropositivité au VIH (DO-VIH). Il s’agit bien entendu des résultats finaux de l’année 2009. En légère augmentation par rapport à 2008, le nombre de nouveaux diagnostics ne progresse significativement que dans un seul groupe de contamination, les homosexuels. Notre article reprend plus particulièrement les données de ce groupe.

A l’œuvre depuis 2003, la DO-VIH renseigne sur le nombre et les caractéristiques des personnes découvrant leur séropositivité au VIH. Ces données, corrigées pour éliminer les doublons de déclaration et extrapoler les déclarations manquantes, permettent de suivre l’évolution de l’épidémie et, au fil des années, d’analyser les variations et les tendances, en particulier, de calculer l’incidence annuelle, autrement dit, le nombre de nouvelles contaminations par an.

Le dispositif comporte également une surveillance virologique consistant en un test d’infection récente, capable de déterminer si l’infection date de plus ou moins de six mois, ainsi qu’une détermination du type de virus.

Le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité VIH en 2009 est estimé à 6700 (intervalle de confiance à 95% : 6400-6900). Le nombre de découvertes de séropositivité, après avoir diminué significativement entre 2004 et 2007, augmente en 2009 de façon non significative.

Mais l’analyse plus détaillée de ces données, par mode de contamination, révèle que l’augmentation générale est due à celle du nombre de nouvelles contaminations par rapports homosexuels. Cette augmentation est significative et concerne plus spécifiquement les jeunes de moins de 25 ans.

En effet, chez les hommes contaminés par rapports homosexuels, la proportion de jeunes de moins de 25 ans a augmenté entre 2003 et 2009 de 8% à 11% (d’environ 140 à 280 cas), tandis que celle des plus de 50 ans est stable autour de 12%. Le nombre de découvertes de séropositivité de ces hommes, qui s’était stabilisé autour de 2300 en 2007 et 2008, augmente à nouveau significativement en 2009 pour atteindre 2500.

Tandis que 38% des homosexuels diagnostiqués en 2009 ont été contaminés par un partenaire occasionnel, 26% l’ont été par un partenaire anonyme et 20% par un partenaire stable. 16% des cas ne sont pas renseignés. Dans un tiers des cas, la séropositivité du partenaire stable était connue de la personne diagnostiquée au moment de la contamination.

Sur l’ensemble des personnes dépistées positives en 2009, la survenue de signes cliniques liés au VIH est la raison du recours au dépistage la plus fréquente (35%), qu’il soient liés à une primo-infection ou à un stade tardif de l’infection. Les autres motifs les plus courants sont une exposition récente au VIH (24%) et un bilan systématique (20%). Cependant, les homosexuels sont plus souvent dépistés suite à une exposition récente au VIH (35%) que lors d’un bilan (9%).

Les personnes contaminées par rapports homosexuels sont plus souvent diagnostiquées au moment de la primo-infection (18%) que les autres. Ceux qui découvrent leur sérologie positive au stade sida sont 11%, autant que les femmes souvent dépistées à l’occasion d’un bilan notamment prénatal mais moitié moins que les hommes hétérosexuels.

La proportion d’infections récentes parmi les découvertes de séropositivité VIH-1 est de 30% en 2009. Elle est beaucoup plus élevée chez les homosexuels (46%). Elle diffère selon les régions mais reste stable entre 2003 et 2009 quel que soit le mode de contamination.

Concernant les nouveaux diagnostics de sida, dont le nombre diminue depuis plusieurs années (environ 1400 en 2009), les homosexuels représentent également le seul groupe pour lequel le nombre de cas a tendance à augmenter en 2009.

Discussion

Dans la discussion, les auteurs cherchent à savoir comment interpréter cette augmentation des découvertes de séropositivité chez les homosexuels. Elle peut s’expliquer soit comme une augmentation de l’incidence du VIH en 2009 si le recours au dépistage est resté stable, soit comme une augmentation du recours au dépistage.

Mais ils observent : le fait que l’incidence (nombre de nouveaux cas par an calculé à partir de l’ensemble des données disponibles) chez les homosexuels soit plus élevée que le nombre de découvertes de séropositivité (nombre de cas déclarés par la DO-VIH) depuis 2003 (3000 à 3300 contaminations annuelles et 2000 à 2400 découvertes de séropositivité) suffit à expliquer l’augmentation globale des découvertes de séropositivité depuis 2003 dans cette population. Ils précisent qu’en effet, la différence entre le nombre de contaminations et le nombre de découvertes entraîne nécessairement une augmentation du nombre d’homosexuels séropositifs ignorant leur séropositivité. Ainsi, un recours même stable des homosexuels au dépistage est donc de plus en plus susceptible de détecter une infection au VIH.

Cette interprétation leur semble la plus vraisemblable en ce qu’elle est confortée par l’augmentation du nombre d’homosexuels découvrant leur séropositivité à un stade asymptomatique (1000 en 2003 à 1550 en 2009) alors que les découvertes en primo-infection ou en infection récente n’augmentent plus depuis 2005.

Enfin, les auteurs considèrent comme l’aspect le plus inquiétant, le doublement en six ans du nombre de découverte de séropositivité chez les jeunes homosexuels de moins de 25 ans.


Vos contributions

L’alerte est critique. La courbe de l’épidémie chez les gays en France s’éloigne de plus en plus de celle des autres groupes de contamination. Dans son analyse, l’InVS tente de fournir une explication aux valeurs relevées d’une manière assez neutre qui mérite d’être précisée plus clairement : dans une population où le nombre de séropositifs est important, le nombre de nouveaux cas ne fait que croître dramatiquement tant qu’on ne prend pas des mesures adaptées pour infléchir la tendance.

C’est un exercice pénible, même pour des militants rompus à l’exercice, que de rapporter ces données. Il reste à savoir si notre communauté peut trouver en son sein les énergies pour se mobiliser et reprendre en main sa santé.


Par Kâma , le 28.03.2011

Pas réjouissant, et ce n’est pas en taillant dans les programmes de prévention que ça va aller mieux : http://yagg.com/2011/03/03/preventi…

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